n. f. Sport de combat
visant à immobiliser l'adversaire au sol par les épaules.
La lutte proprement dite appartient aux disciplines sportives
les plus anciennes. Elle joua un rôle fondamental dans
l'éducation au sein des civilisations perse, égyptienne et
grecque. Au IIIe siècle de notre ère, Philostrate, dans son
célèbre manuel de gymnastique, se louait de l'épanouissement
physique du luctator (" lutteur " en latin), lequel, le corps
enduit d'huile et saupoudré de sable, pratiquait ce sport sous
trois formes, visant l'une à déséquilibrer l'adversaire,
l'autre à le faire abandonner, la dernière enfin à le faire
mettre à genoux. La lutte était apparue au programme des jeux
Olympiques antiques en 708 av. J.-C.
Un sport aux nombreuses variantes
Discipline formatrice vantée par les pédagogues, de Montaigne,
Rabelais et Rousseau à Mercurialis et Pestalozzi, et à
Sparrmann et Ling, la lutte conserve une large audience en
Asie. En Iran notamment, la lutte, premier sport national, se
pratique sous des formes régionales ou locales, telles les
luttes gilaki, mazanderam et turkmoman, montagnarde, antique
(pratiquée en culotte de cuir) ou kurde. Au Japon, le sumo,
objet d'un véritable culte, oppose des colosses, considérés
comme des demi-dieux, qui cherchent à se déséquilibrer et à se
pousser hors des limites d'un tapis circulaire, sur lequel ils
se postent après un cérémonial codifié depuis des siècles. En
Inde, le kushti se pratique sur un sol de terre rouge où sont
répandus de l'huile, du lait caillé et du citron. En Turquie,
le karakucak met aux prises deux combattants enduits d'huile
et revêtus d'une culotte de cuir : le vainqueur de la joute
est celui qui réussit à placer " le ventre de l'adversaire au
soleil ". En Géorgie enfin, le sambo, dont la technique tient
à la fois de la lutte et du judo, est pratiqué par des
milliers d'adeptes.
Les luttes gréco-romaine et libre
Sous son aspect purement sportif, reconnu par les instances
olympiques, la lutte est pratiquée depuis les premières
décennies du XXe siècle sous deux formes : la lutte
gréco-romaine et la lutte libre (la Fédération internationale
de lutte a été créée en 1921).
Discipline éducative à l'origine, la lutte conserve une grande
audience à travers le monde entier, malgré la concurrence
exercée par le judo, dont le dynamisme et l'esprit
correspondent sans doute mieux aux aspirations de l'époque
actuelle.
Les règles et les compétitions.
La lutte gréco-romaine, d'origine française, n'autorise que
les prises portées entre la tête et la ceinture, tandis que
les prises de jambes sont permises en lutte libre, laquelle,
définitivement codifiée en 1925, s'apparente plus directement
aux luttes antiques. Gréco-romaine ou libre, la lutte exclut
les torsions des membres et de la tête et interdit les
étranglements ainsi que les projections au sol, au contraire
du catch.
Les lutteurs, vêtus d'un maillot à bretelles (rouge pour l'un,
bleu pour l'autre) et chaussés jusqu'à la cheville, sont
répartis en dix catégories de poids : 48 kg, 52 kg, 57 kg, 62
kg, 68 kg, 74 kg, 82 kg, 90 kg, 100 kg et 130 kg. Ils
s'affrontent sur un tapis circulaire de 9 m de diamètre durant
cinq minutes. La victoire est obtenue soit par " tombé "
(avant la fin du temps réglementaire), soit aux points. Pour
obtenir un tombé, il faut maintenir l'adversaire les épaules
en contact avec le sol le temps que l'arbitre puisse compter
jusqu'à 2.
Si aucun des lutteurs ne parvient à réaliser un tombé, la
victoire est attribuée aux points. Les différentes prises,
selon la difficulté, donnent un certain nombre de points : 1,
2, 3 ou 5. Si l'un des combattants obtient 10 points de plus
que son adversaire, il est immédiatement déclaré vainqueur et
le combat s'arrête. Les championnats du monde ont lieu tous
les ans, sauf les années olympiques. Les championnats du monde
de lutte libre ont été créés en 1949, les championnats du
monde de lutte gréco-romaine en 1950. Tous les ans se tiennent
également des championnats d'Europe : depuis 1925 pour la
lutte gréco-romaine, depuis 1929 pour la lutte libre. Si une
compétition de lutte gréco-romaine a eu lieu lors des premiers
jeux Olympiques modernes, à Athènes, en 1896, ce sport fait
définitivement partie du programme olympique depuis les Jeux
de Londres en 1908. La lutte libre fait partie du programme
olympique depuis 1904 (Jeux de Saint Louis).
Aussi bien en lutte libre qu'en lutte gréco-romaine, les
compétitions sont le plus souvent dominées par les athlètes
d'Europe de l'Est.
Les champions.
Les grands noms de l'histoire de la lutte sont presque tous
soviétiques (puis russes). En lutte gréco-romaine, citons :
Nikolaï Balbochine, champion olympique en 1976 et cinq fois
champion du monde des 100 kg ; Alexander Kareline, champion
olympique des 130 kg en 1988, 1992 et 1996 ; Alexander
Kolchinski, champion olympique des 130 kg en 1976 et 1980.
Pour le style libre, citons : Sergueï Beloglazov, champion
olympique des 57 kg en 1980 et 1988 ; Arsen Fadzaev, champion
olympique des 68 kg en 1988 et 1992 ; Alexander Medved,
champion olympique des 90 kg en 1964, des 100 kg en 1968 et
1972 ; Valeri Resantsev, champion olympique des 90 kg en 1972
et 1976. L'Américain Bruce Baumgartner, champion olympique des
130 kg (lutte libre) en 1984 et 1992, deuxième en 1988,
troisième en 1996, est également une immense vedette. Chez les
Français, Yvon Riemer, champion du monde des 84 kg en 1995, et
Ghani Yalouz, médaillé d'argent des 68 kg aux jeux Olympiques
de 1996 (tous deux en lutte gréco-romaine) sont les
principales figures de ce sport.
Le catch
Le catch (abrégé de catch as catch can, " attrape comme tu
peux ") est une forme spectaculaire de la lutte, répandue
essentiellement dans les pays anglo-saxons. Toutes les prises
sont permises. Les catcheurs, souvent issus de la lutte et
dotés de surnoms évocateurs, sont néanmoins de véritables
sportifs, s'astreignant à un entraînement d'autant plus sévère
que les assauts, concertés à l'avance avec la bienveillance
des arbitres, n'admettent aucune approximation, sous peine de
blessures graves.
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