n. f. Discipline
éducative et sportive de base qui a pour but de muscler et
d'assouplir le corps.
Support essentiel de toutes activités physiques, la
gymnastique sportive n'est qu'un aspect de l'éducation
physique fondamentale, professée depuis la plus haute
Antiquité. Élevée à la hauteur d'une institution par la
civilisation chinoise, l'éducation physique, comme en témoigne
le traité gymnique du kung-fu, a essentiellement pour but le
maintien et l'équilibre du corps. La dimension culturelle et
spirituelle de l'effort physique exécuté nu apparaît chez les
Grecs (le mot " gymnastique " tire son origine du mot gumnos,
qui signifie " nu "). Ce n'est pourtant qu'à la Renaissance,
après de longs siècles d'interdiction de la pratique par
l'Église, que le premier manuel de gymnastique est rédigé ;
l'auteur de l'ouvrage, Girolamo Mercuriale, un médecin
italien, est considéré comme le pionnier en la matière. À la
suite de ce précurseur, l'éducation physique, prônée par les
penseurs les plus influents du siècle des Lumières, qui
poursuivent en cela le courant humaniste et plus
particulièrement Montaigne, bénéficie d'une large audience
dans l'opinion publique, d'autant que l'acrobatie, exécutée
dans les foires par les équilibristes, les fildeféristes et
les saltimbanques, est fort prisée.
L'attrait grandissant de l'effort physique est, au cours du
XIXe siècle, à l'origine du développement de différentes
écoles gymniques, grâce à la personnalité de figures devenues
fameuses : ainsi, Friedrich Ludwig Jahn (1778-1852), fondateur
de l'école allemande, surnommé le " père de la gymnastique ",
pose les bases d'une déontologie nouvelle de cette discipline
et invente la barre fixe, les barres parallèles, la poutre
d'équilibre et le cheval. Le Suisse Phokion Heinrich Clias
(1782-1854) s'inspire des techniques de Jahn pour ouvrir une
école et énonce les bases de l'exercice au trapèze. L'école
suédoise, fondée par Per Henrik Ling (1776-1839), enseigne la
gymnastique " rationnelle ", par opposition à la gymnastique
naturelle, tandis que l'école tchèque, représentée à tous les
niveaux par les sokols, (associations locales), reste marquée
par le rayonnement de Miroslav Tyrs (1832-1884) et Hindrich
Fügner (1822-1865). En France, c'est le colonel d'origine
espagnole François Amoros (1770-1840), qui crée le premier
institut de gymnastique, dans la plaine de Grenelle.
Les dernières décennies du XIXe siècle voient la constitution
des fédérations nationales - l'USGF (Union des sociétés de
gymnastique française), la plus ancienne des fédérations, naît
en 1873 -, l'édification des premiers gymnases et la création
de la FIG (Fédération internationale de gymnastique), qui date
également de 1873. La gymnastique fait partie du programme des
premiers jeux Olympiques modernes à Athènes, en 1896.
Pratiquée partout où les techniques gymniques enseignées par
les traités les plus divers et par les éducateurs pénètrent
avec succès, la gymnastique évolue lentement et tend à devenir
un sport à part entière, s'éloignant ainsi de son fondement
traditionnel : l'éducation physique, cette dernière étant
valorisée selon les mentalités et la politique sportive des
États.
Les différents agrès
Hommes
Anneaux.
Placés entre 2,40 et 2,50 m du sol et suspendus à un portique
dont la hauteur est de 5,50 m, lui-même assujetti au sol par
des câbles d'acier, les anneaux requièrent à la fois force et
souplesse dans des mouvements d'élan, de maintien et de
suspension.
Barre fixe.
Placé à 2,40 m du sol, cet agrès, qui a 2,40 m de long, n'a
subi aucune modification depuis sa première utilisation ; il
permet uniquement des mouvements de voltige ininterrompus.
Barres parallèles.
Distantes de 40 à 46 cm pour une longueur de 3 à 3,50 m et
placées entre 1,50 et 1,75 m au-dessus du sol, les barres
parallèles sont le siège de mouvements d'élan, de suspension
et de force.
Cheval d'arçons.
Haut de 1,20 m et long de 1,60 m, il est muni à son extrémité
de deux poignées hautes de 12 cm et distantes de 42 cm, à
l'aide desquelles des mouvements de rotation et de ciseaux
sont exécutés.
Cheval sautoir.
Mesurant 1,60 m pour une hauteur de 1,35 m, et placé dans le
sens de la longueur, il permet l'exécution de figures de
voltiges après appui des mains à l'issue d'une course d'élan,
de 18 m au moins, terminée sur un tremplin d'appel placé à
l'endroit choisi par le concurrent.
Exercices au sol.
Ils s'effectuent sur un tapis carré de 12 cm de côté et durent
de 50 à 70 secondes. Ils composent un ensemble de figures et
de mouvements alliant l'équilibre, la force et la souplesse.
Dames
Barres asymétriques.
Il s'agit de deux barres parallèles, placées à des hauteurs
différentes (l'une à 2,40 m et l'autre à 1,50 m),
perpendiculairement, et sur lesquelles des mouvements de
voltige sont effectués sans arrêt.
Poutre d'équilibre.
Placée à 1,20 m du sol, longue de 5 m et large de 10 cm, la
poutre permet des mouvements de maintien, de souplesse et
d'équilibre au cours d'une période variant de 80 à 105
secondes.
Cheval sautoir.
Identique à celui qui est utilisé chez les hommes, mais placé
à une hauteur de 1,10 m et perpendiculairement à la course
d'élan, il permet le même style de figures, après appui des
mains.
Exercices au sol.
D'une durée plus longue que chez les hommes (60 à 90 secondes)
et exécutés sur une musique choisie par la concurrente, il
s'agit des mêmes ensembles de mouvements, à effectuer avec
grâce et harmonie.
Les grandes épreuves
Aux jeux Olympiques de Berlin (1936), la gymnastique s'affirme
comme discipline, et, dès cette époque, les exercices retenus
sont au nombre de six pour les hommes, quatre pour les dames,
exécutés aux agrès. À Helsinki, en 1952, les règlements sont
définitivement posés par la Fédération internationale,
laquelle charge une nation de choisir un programme obligatoire
(imposé) à chaque agrès. À ce programme s'ajoute une exécution
libre, qui permet au gymnaste d'affirmer sa personnalité et
son tempérament. Les épreuves sont notées de 0 à 10 par un
jury de cinq membres (quatre juges et un juge arbitre). Les
notes définitives sont calculées en éliminant la note la plus
forte et la note la plus basse, et en faisant la moyenne des
notes intermédiaires ; un classement individuel et un
classement par équipe sont ensuite établis. Ces classements
interviennent lors des grandes manifestations : les jeux
Olympiques et les championnats du monde. Les nations y
présentent chacune six gymnastes, qui concourent d'abord selon
le programme imposé, puis selon les performances libres, le
titre par équipe étant décerné au pays qui a obtenu le
meilleur total, rapporté à cinq athlètes, sur douze épreuves
chez les hommes et huit chez les dames. Depuis les jeux
Olympiques de Munich (1972), les trente-six premiers du
classement individuel, après l'épreuve par équipe, concourent
à nouveau en libre pour le titre individuel, les notes du
concours général (imposé et libre) comptant pour une moitié et
les notes des derniers libres pour l'autre. Enfin, des finales
individuelles, qui sont disputées par agrès, rassemblent les
six meilleurs gymnastes à l'agrès concerné.
Parmi les autres épreuves importantes, la Coupe du monde,
créée en 1975, se dispute tous les deux ans depuis 1990.
Chaque pays présente trois concurrents. Sur le même principe,
les championnats d'Europe, créés en 1955, se tiennent tous les
deux ans.
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