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L'histoire de l'aviron
puise ses racines à l'origine des temps, dès que l'homme a
cherché à se déplacer sur l'eau.
Le phénomène sportif date du début de la première révolution
industrielle. L'histoire de notre sport est riche d'idées,
d'acteurs, d'évènements et d'expériences.
Il est important d'en conserver les traces car elles nous
permettent de comprendre le présent et surtout d'envisager
l'avenir.
Les origines
Dans l'antiquité
Il faut remonter très loin dans l'antiquité pour retrouver les
usages de la rame.
De nombreux récits témoignent du vif intérêt que les anciens
(Égyptiens, Grecs et Romains) portaient aux plaisirs de l'eau.
En voici quelques exemples :
• en Égypte, sous le règne de Sésostris, douzième dynastie des
pharaons, au XIXe siècle avant JC, la marine possède des
bâtiments nommés «Pentecontere» montés par cinquante rameurs
actionnant chacun un aviron. Les monuments de l'Égypte antique
fournissent également d'innombrables scènes de navigation,
• en Grèce, les récits de l'Iliade et l'Odyssée font état de
nombreux bateaux utilisant voiles et avirons,
• du temps de César, les hommes rivalisent d'ardeur pour la
conquête de trophées lors de joutes à rames auxquelles se
livrent les galères des patriciens. À la même époque à Rome,
les fameuses «Naumachies», véritables simulacres de combats
navals, ont lieu dans des amphithéâtres aménagés où les
jouteurs, choisis parmi les esclaves, s'affrontent jusqu'à la
mort, sous les acclamations de la foule.
Plus près de nous
Par la suite la marine à voile fait des progrès considérables
et se substitue petit à petit aux bateaux à rames. De
nombreuses embarcations continuent cependant de se déplacer à
la rame, comme certains navires de guerre (Drakkars normands
et Dromons byzantins) et les galères qui naviguent de façon
mixte.
La navigation à la rame est également développée chez de
nombreux pêcheurs (comme les Terre-Neuvas). Elle est longtemps
restée le seul moyen efficace pour porter secours aux navires
en détresse par mauvais temps.
Cet usage de la rame a également permis pendant longtemps aux
passeurs, pêcheurs et mariniers d'exercer une activité
professionnelle sur les fleuves et les rivières.
Du canotage au rowing : 1830-1870
La découverte d'une pratique nouvelle
Dans les années 1830-1840, la population savoure une paix bien
méritée après les secousses de la Révolution et les guerres du
Consulat et de l'Empire. Elle sent le besoin de pratiquer des
exercices physiques, mais ceux-là sont peu nombreux à
l'époque, la bicyclette n'existe pas encore!
Les premiers canots apparaissent sur la Seine vers 1823, ils
viennent de Rouen et du Havre et sont construits par des
charpentiers de la marine marchande.
Le canotage vient d'être découvert par quelques originaux,
véritables précurseurs qui en lancent la mode. Cette pratique,
considérée comme un des premiers loisirs populaires est aussi
un des premiers sports athlétiques et mécaniques. Il passionne
bientôt toutes les classes sociales. Des innovations
techniques le rendent de plus en plus performant et, notoriété
aidant, divers constructeurs s'établissent à Paris et dans les
environs. C'est en 1834 qu'ont lieu, pour la première fois à
Paris, des courses nautiques en canots à rames.
À cette époque, de nombreux artistes se passionnent pour le
canotage et font beaucoup pour sa renommée. Parmi les plus
célèbres on peut citer les écrivains Alphonse KARR, Théophile
GAUTIER et leur ami le chroniqueur Lucien GATAYES, mais aussi
Alphonse ADAM, Louis et Théodore GUDIN, Victor DELIGNY...
En quelques années, on dénombre dans la région parisienne 2000
canots, 10000 baladeurs et 30 chantiers de construction. Cette
véritable mode se propage rapidement aux grandes villes :
Lyon, Reims et Bordeaux.
Les peintres, surtout les impressionnistes (SISLEY, MONET,
RENOIR, CAILLEBOTTE...), nous laissent un important témoignage
de cette époque où le canotage devient un véritable fait de
société.
Plusieurs tendances se dessinent
• le canotage de «balade» pratiqué par les vrais romantiques,
amoureux de nature et de grand air, relativement sages,
• le canotage du «chicard et du flambeur», moins discret,
prétexte à faire la fête et à se faire voir,
• le canotage «sérieux» des rameurs respectables issus de
l'aristocratie et des classes libérales. Ce dernier donnera
naissance au mouvement sportif de notre aviron, organisant les
premières courses et fondant les premières sociétés.
Progressivement un antagonisme apparaît entre les «canotiers à
canotières» et les «canotiers sérieux», passionnés de sport.
La liberté de comportement des premiers fait scandale dans la
haute société et nuit à la réputation des seconds qui ont
besoin d'appuis pour obtenir les subventions nécessaires au
financement d'embarcations de compétition toujours plus
onéreuses.
Ainsi pouvait-on lire sous la plume de J. MANCHON dans «L'Aviron»
de 1911 : «Et c'est pourquoi on doit professer le plus profond
mépris pour ces bouffons du sport nautique qu'on appelle des
canotiers. Légendaires baladins de rivières, quelques
survivants de leur espèce traînent encore le long des berges
leur nonchalance et leur nullité.»
La pratique s'organise
En 1838, un groupe d'amateurs passionnés crée la Société des
Régates du Havre : elle est la doyenne des sociétés françaises
de sport nautique. Rouen en 1847, Lyon en 1855, Bergerac en
1860, Boulogne sur mer en 1861 fondent, à leur tour, une
société de régates.
Il est important de noter que la «Société de Régates» a pour
objet l'organisation des régates et des fêtes nautiques, ainsi
que l'établissement des règlements nécessaires pour assurer la
régularité des épreuves. Il n'existe pas encore de club-houses
tels que nous les connaissons aujourd'hui.
Les courses à virages, qui se pratiquent en mer et en rivière,
sont des spectacles populaires. Des prix en espèces
récompensent les vainqueurs et le public participe à des paris
mutuels. 1857 voit l'apparition de «jockeys d'eau»,
mercenaires de course, véritables professionnels sous la
férule de bourgeois argentés. Les grands quotidiens relatent
les duels nautiques des équipes les plus célèbres comme «La
Sorcière des Eaux» ou «Le Duc de Framboisie» qui utilisent la
presse pour lancer leurs défis «à tous les rameurs de France».
À Paris, il faut attendre 1853 pour qu'apparaisse la première
«Société des Régates Parisiennes» (S.R.P.). Celle-ci est à
l'origine de bien des progrès, et entend donner une direction
unique au canotage en France. Ses buts sont d'encourager «le
goût des courses nautiques» en organisant des régates, de
parrainer la création de sociétés en province (30 jusqu'en
1869) et de discipliner le canotage.
Une réforme hardie est entreprise grâce à une réglementation
nouvelle, notamment sur le matériel. Construit uniquement en
chêne, il peut dorénavant être fabriqué en toutes espèces de
bois ou matière, et ceci avec des mesures moins
contraignantes. Les embarcations sont divisées en plusieurs
séries (les canots à 4 ou 6 rameurs, les yoles et les skiffs).
Très rapidement, et dès 1856, on n'en distingue plus que deux
sortes :
• les embarcations armées de portants : outriggers,
• les embarcations sans portant : yoles franches.
Il y a désormais des courses à un, deux, quatre, six ou huit
rameurs. On érige le principe des courses en bord à bord.
C'est le début de la confection du programme indiquant après
inscription et tirage au sort, l'ordre des départs et les
numéros de ligne. Le Rowing Club de Paris devient l'agent de
cette nouvelle orientation sportive en créant le championnat
de la Seine en skiff. La première édition est remportée par
Frédéric LOWE en 1853.
En 1867, les «rowingmen» obtiennent la récompense de leurs
efforts : les pouvoirs publics confient à la SRP et au Rowing
Club l'organisation des régates de l'Exposition universelle de
Paris. Le succès de ces courses fait de Paris la capitale de
l'aviron.
Le Second Empire correspond à un âge d'or car, hormis les
courses hippiques, les régates sont sans concurrence, elles
représentent le sport spectacle. Dès 1860, le grand mouvement
en faveur de l'amateurisme prend l'ascendant sur les
professionnels en gommant progressivement les dérives et
tricheries liées à l'obtention des prix en espèces.
Une fédération de sociétés d'aviron : 1870-1960
De l'orée du siècle à la première guerre mondiale
Après la défaite de la guerre franco-allemande de 1870,
l'esprit de revanche suscite un essor du mouvement sportif et
associatif qui profite à l'aviron. Cinquante sociétés sont
fondées de 1872 à 1882. À cette époque, elles sont souvent
omnisports ; l'aviron se pratique à côté des «sports
conscriptifs» (tirs, escrime, gymnastique militaire...) et des
nouveaux sports athlétiques comme le rugby, le football, le
tennis ou le vélocipède. D'autres regroupent sous un même
fanion tous les sports nautiques de leur ville.
En réaction à la domination des rameurs parisiens, les clubs
de province se regroupent en fédérations avec leurs propres
règlements. Leurs différents codes des courses (définition des
embarcations, catégories de rameurs...) rendent difficile et
houleux le déroulement de la moindre régate et freinent tous
les projets de fédération nationale. Pourtant depuis la fin
des années 1870, les tentatives d'union ne manquent pas. Mais
tous les congrès et les conventions échouent sur la question
des «amateurs».
Tous les groupements excluent du statut «amateur» les
professionnels de l'eau comme les mariniers, pêcheurs ou
constructeurs d'embarcations de plaisance, mais aucun accord
ne semble possible sur les prix en espèces. Faut-il les
refuser en les dénonçant comme un salaire déguisé ou les
accepter comme un moyen de financer des embarcations
onéreuses? Ces querelles affaiblissent et discréditent
l'aviron, d'autant que des sports comme la gymnastique
possèdent déjà une structure nationale qui leur permet d'être
les interlocuteurs privilégiés des pouvoirs publics.
Cette situation amène les dirigeants des trois fédérations les
plus importantes à signer une «trêve diplomatique» qui fait
naître la FFSA, Fédération Française des Sociétés d'Aviron, en
1890. Dès lors, l'organisation de championnats de France
devient possible.
Certains groupements régionaux n'ont pas encore décidé de
rejoindre la FFSA qu'une fédération internationale voit le
jour en 1892. La Belgique, l'Italie, la Suisse et la France
fondent la Fédération Internationale des Sociétés d'Aviron.
Les régates royales d'Henley, considérées comme l'un des
«temples de l'aviron», sont quasiment interdites aux rameurs
amateurs du continent. En effet, la définition anglaise de
l'amateur exclut ouvriers et travailleurs manuels. Face à cet
ostracisme, la FISA crée des championnats d'Europe ouverts aux
nations.
La FFSA participe à la renaissance des Jeux Olympiques car
Pierre de COUBERTIN voit l'aviron comme l'un des sports de
base de l'Olympisme. Ceci est affirmé dans son livre «La cure
d'aviron» (1930) : «Nul ne saurait dénier au rowing ses
qualités supérieures au double point de vue mécanique et
hygiénique... Le rameur... pratique la gymnastique vraiment la
plus complète qui se puisse imaginer».
Ainsi à Athènes en 1896, pour les premiers Jeux, les épreuves
d'aviron doivent se dérouler dans la rade du Pirée mais, au
dernier moment, elles sont annulées en raison des mauvaises
conditions atmosphériques.
L'entre-deux-guerres
La guerre de 1914 bouleverse la vie du pays et de la FFSA qui
paient un lourd tribut aux quatre années de conflit.
La vie fédérale reprend néanmoins un cours normal. En 1919 est
posé le principe de la licence et les années suivantes voient
l'élaboration définitive des statuts fédéraux. Sous la
présidence d'Albert GLANDAZ, la FFSA regroupe 116 sociétés et
reçoit en 1922 la «reconnaissance d'utilité publique».
En 1929, un certain Steve FAIRBAIRN expose ses méthodes
d'entraînement hivernal et l'utilisation qu'il fait d'une
innovation : la tête de rivière.
Alors que le rowing britannique puise dans le vivier des
écoles et des universités ses champions, l'aviron français
dépend étroitement de la santé des clubs pour alimenter ses
succès internationaux. Seul un équipage champion de France
peut représenter la FFSA aux championnats d'Europe.
En fait, les principaux succès de cette période reposent sur
des individualités ramant en solitaire ou en double comme
Hermann BARRELET (champion olympique en 1900), Gaston
DELAPLANE (quatre fois champion d'Europe en skiff avant 1914)
ou encore POIX et MONNEY – BOUTON (champions d'Europe en deux
avec barreur en 1913 et en 1920). Les équipes mixtes,
composées des meilleurs rameurs de l'hexagone, sont rares :
aucun congé particulier ne permet aux athlètes de se regrouper
pour s'entraîner ensemble. Pourtant elles apportent des
victoires éclatantes comme en témoigne le titre de champion
d'Europe en huit avec barreur en 1931, à Paris.
Les années noires
Pendant la guerre, malgré les difficultés, l'aviron maintient
une activité sous forme de critériums. La pénurie d'essence
oblige les arbitres à officier depuis... la berge!
Ces années restent pourtant fertiles en innovations puisqu'en
1941, par exemple, est institué le classement par catégories
d'âge : cadet, junior, senior.
L'après-guerre
Dès 1946 la vie sportive reprend ses droits et de grands
champions s'affirment : Jean SÉPHÉRIADÈS remporte les Diamonds
Sculls aux Régates Royales d'Henley et le titre européen
l'année suivante.
Cette année là verra la création du premier tank à ramer,
construit au CA Marseille. Il s'agit d'une structure bétonnée
remplie d'eau dans laquelle est installé un huit qui permet le
roulis.
En 1949, à l'initiative de l'Italie, se dispute à Milan le
premier match des nations fondatrices de la FISA : Belgique,
Suisse, Italie, et France (la fédération de l'Adriatique ayant
disparu). Notre pays, soucieux de se donner les moyens de bien
figurer au niveau international inaugure le premier Centre
nautique national à Mâcon et nomme Jean COTTEZ premier
«moniteur national», équivalent de Directeur des équipes de
France.
Aux Jeux Olympiques d'Helsinki en 1952 Raymond SALLES et
Gaston MERCIER remportent le titre en deux avec barreur et à
Copenhague en 1953, Guy NOSBAUM et Claude MARTIN, après avoir
battu les champions olympiques, deviennent champions d'Europe
du deux barré.
C'est à cette époque que Jean TARCHER succède à Jean COTTEZ et
devient le nouveau «moniteur national».
La première promotion du brevet de moniteur d'aviron voit le
jour le 15 avril 1956. À Henley, le huit du Bataillon de
Joinville entraîné par Casy COSTE gagne la «Grand Challenge
Cup» et l'argent aux championnats d'Europe de Bled.
À la même époque, une nouvelle forme de palette apparaît aux
championnats d'Europe de Mâcon. Cette ville donnera son nom à
cette innovation.
Les temps modernes : 1960-2004
Une structuration innovante
Les années soixante marquent un tournant dans l'organisation
du sport au niveau mondial.
Les pays de l'Est conçoivent et développent tout un système
éducatif et sportif avec des moyens financiers importants.
La France, elle, vit une véritable débâcle sportive, toutes
disciplines confondues, aux Jeux Olympiques de Rome de 1960.
Cette déroute oblige l'État français à s'engager massivement
dans le domaine du sport et à concevoir le système à la
française tel que nous le connaissons aujourd'hui.
Comme pour les autres fédérations, l'État met à disposition de
la FFSA des cadres techniques, des structures pour les
athlètes de haut niveau et des subventions pour permettre la
mise en place d'une politique de développement à long terme.
La représentation française aux championnats internationaux a
pendant longtemps été assurée par les clubs parisiens, car les
rameurs de valeur pouvaient s'y regrouper facilement. Avec la
concurrence, nos résultats déclinent. En 1960, Pierre
SAUVESTRE est nommé Directeur de l'Équipe de France, épaulé
par les entraîneurs Jean TARCHER et Ernest CHERRIER. Ils ont
l'idée, révolutionnaire pour l'époque, de regrouper en stage
les meilleurs rameurs du pays pour former des équipages
nationaux.
Grâce à ces hommes d'exception, l'aviron français connaît une
période de gloire. À Lucerne, en septembre 1962, les rameurs
français ramènent des premiers championnats du Monde une
médaille d'or, deux médailles d'argent et une de bronze,
plaçant ainsi la France aux côtés des grandes puissances de
l'aviron: l'Allemagne, l'URSS et les USA. Ces quatre médailles
à Lucerne, dont le titre pour René DUHAMEL et Bernard
MONNEREAU en deux de couple, illuminent le Rootsee.
La réforme se poursuit également sur le plan administratif et
l'arrêté HERZOG, en 1963, conduit à la première élection du
président fédéral par l'assemblée générale. L'année suivante,
le CA Vichy organise sa première régate internationale. Aux JO
de Tokyo les frères MOREL, battus dans des conditions peu
favorables, sont deuxièmes du deux barré.
En cette année 1965, la France gagne les «cinq nations junior»
et la FFSA poursuit son développement grâce à la nomination de
conseillers techniques au niveau national pour l'entraînement
des équipes de France et au plan régional et départemental
pour le développement des clubs et la formation des bénévoles.
L'entraînement devient méthodique : le nombre de séances
d'entraînement augmente considérablement, la formule des
stages se généralise afin d'uniformiser le coup d'aviron et
les sélections s'effectuent en bateaux courts. Deux structures
accueillent les rameurs de haut niveau : le Bataillon de
Joinville les militaires et l'Institut National des Sports
(INSEP aujourd'hui) les étudiants.
Vichy est l'hôte des derniers championnats d'Europe français
en 1967 et accueille huit pays hors zone dont la
Nouvelle-Zélande et les USA.
Dans le même temps, une véritable révolution s'opère : les
clubs se structurent et les premiers professionnels font leur
apparition avec la création des brevets d'état.
La Fédération favorise la pratique des jeunes catégories, en
créant des championnats de France cadets et scolaires. Elle
encourage aussi toutes les actions d'initiation en
subventionnant l'équipement des clubs ou l'achat de yolettes.
L'aviron en solitaire, souvent réservé jusque-là aux seuls
propriétaires de skiff, se démocratise grâce aux skiffs en
plastique «Fruitet» construits et diffusés en série.
Préparation olympique oblige, le premier Directeur Technique
National est nommé : Bernard BOURANDY. Mais aucun bateau n'est
finaliste aux JO de Mexico de 1968.
En perpétuelle évolution, la fédération lance au printemps
1969, à Cahors, la journée nationale des minimes, et en 1970,
à Bellecin, son nouveau site d'entraînement pour ses équipes
nationales. Cette base est toujours utilisée actuellement.
Les premiers mondiaux junior, organisés à Ioannina, voient
Charles IMBERT remporter pour la France la première médaille
en skiff depuis 24 ans.
Le Rowing Club organise en 1971 le centième championnat de la
Seine.
Le cap des 10000 licenciés, répartis dans 172 clubs, est
franchi par la FFSA en 1973.
Cazaubon accueille en 1974, pour la première fois, un
championnat national mais cette année est marquée, aussi, par
le vote d'une motion de défiance par l'Assemblée générale
fédérale à l'encontre de son Comité directeur.
Au plan sportif, 1975 est marqué par le premier titre mondial
du quatre sans barreur poids léger à Nottingham. L'équipage
est composé des frères André et Michel PICARD, André COUPAT et
Francis PELEGRI. Au cours de la même année est créé un fonds
d'aides aux sportifs de haut niveau. Il deviendra, dès 1979,
le FNDS (Fonds National du Développement du Sport).
Des résultats inégaux
Le succès collectif des mondiaux de Lucerne en 1962,
minutieusement préparé, reste malheureusement sans lendemain
car, jusqu'au début des années 1990, l'aviron occidental se
heurte à la domination, considérée aujourd'hui comme
historique, des rameurs de l'Est.
De 1968 à 1990, seuls les juniors, les poids léger et quelques
petits groupes résolus réussissent, comme aux championnats du
Monde en Nouvelle-Zélande, à tirer leur épingle d'un jeu dont
les règles ne sont pas forcément les mêmes pour tous.
Les JO de Montréal en 1976 voient le premier bateau français
finaliste depuis 12 ans : le deux de couple. À Villach, aux
championnats FISA, le quatre sans barreur poids léger est une
deuxième fois couronné.
Son troisième sceptre acquis l'année suivante est accompagné
de trois places de finalistes au mondial d'Amsterdam, marquant
un renouveau de l'aviron français.
Le lac de Karapiro inspire, à l'automne 1978, nos rameurs qui
s'octroient deux médailles pour quatre bateaux en finale.
Les années suivantes sont un peu plus ternes, malgré
l'augmentation du nombre des licenciés qui passe les 15000.
En 1980, le quatre de couple perd le bronze aux JO de Moscou,
battu par les Bulgares, particulièrement préparés mais, en
1984, les juniors obtiennent la consécration avec le titre
mondial en huit.
L'année suivante, le deux de couple poids léger atteint après
plusieurs tentatives la plus haute marche du podium avec
Thierry RENAULT associé à Luc CRISPON, entraîné par le père de
ce dernier.
Remarquable : en 1989 les deux huit juniors sont argentés au
mondial de Szeged. La FFSA compte désormais 33000 licenciés
pour 275 clubs.
Une nouvelle organisation
Mais les résultats d'ensemble obtenus aux différentes épreuves
internationales ne sont pas à la hauteur des espérances.
Fin 1990, le président de la FFSA obtient la nomination d'un
nouveau directeur technique national et d'un nouveau directeur
des Équipes de France. Cette date marque le début du renouveau
de l'élite et d'une ambitieuse politique d'expansion.
L'assemblée générale qui se réunit à Rouen le 18 février 1992
adopte à l'unanimité le texte de politique générale de la FFSA.
Ce texte fondateur trace une ligne commune à tous les
responsables fédéraux et décrit en quelques lignes les
objectifs fixés par la FFSA :
• ouvrir la fédération à une pratique la plus diversifiée
possible,
• organiser la pratique sportive au sein des clubs affiliés,
• permettre au plus grand nombre d'accéder au haut niveau,
• adopter une pédagogie unique et homogène.
Les années 90 sont ainsi marquées par l'aboutissement de
nombreux projets structurants :
• la construction et diffusion du «Bateau Découverte»,
• la mise en place des brevets de rameurs,
• la professionnalisation des entraîneurs de club,
• l'automatisation d'une pratique formatrice en couple pour
les minimes,
• la mise en place d'une formation fédérale homogène à 3
niveaux,
• l'utilisation de programmes sportifs identiques pour tous
les rameurs de compétition,
• et la création des Écoles Françaises d'Aviron.
Notre discipline se développe alors de manière remarquable
dans et hors de nos clubs. Les résultats sportifs ne se font
pas attendre puisque, dès 1993, la France obtient 3 médailles
d'or aux championnats du monde senior de Roudnice. Samuel
BARATHAY avec Yves LAMARQUE en deux de couple, Hélène CORTIN
et Christine GOSSÉ en deux sans barreuse et le quatre sans
barreur, composé de Jean Christophe ROLLAND, Michel ANDRIEUX,
Philippe LOT et Daniel FAUCHÉ, sont les artisans de ce
magnifique succès.
Atlanta en 1996 marque le vrai retour de la France parmi
l'élite mondiale avec 4 médailles obtenues :
• médaille d'argent en quatre sans barreur homme (Olivier
MONCELET, Bertrand VECTEN, Gilles BOSQUET et Daniel FAUCHÉ),
• médaille de bronze en deux sans barreur homme
(Jean-Christophe ROLLAND et Michel ANDRIEUX),
• médaille de bronze en deux de couple homme (Samuel BARATHAY
et Frédéric KOWAL),
• médaille de bronze en deux sans barreur femme (Hélène CORTIN
et Christine GOSSÉ).
L'année suivante, la Savoie organise les championnats du monde
senior à Aiguebelette : ROLLAND et ANDRIEUX y remportent la
palme d'or en deux sans barreur profitant, sur le podium, du
retour des hymnes nationaux.
Pendant cette période, l'Équipe de France junior remporte
chaque année de nombreux titres et médailles aux championnats
du monde.
À Sydney, l'aviron, avec ses deux médailles d'or et une de
bronze, redevient l'une des disciplines phare de l'Olympisme
français. Cinquante ans d'insuccès sont effacés par les
victoires de Jean-Christophe ROLLAND et Michel ANDRIEUX en
deux sans barreur et de Xavier DORFMAN, Yves HOCDÉ,
Jean-Christophe BETTE et Laurent PORCHIER en quatre sans
barreur poids léger. Le deux de couple poids léger de Thibaud
CHAPELLE et Pascal TOURON remporte la médaille de bronze.
En attendant, pour construire l'avenir
Ces dernières années, la fédération encourage toutes les
formes de pratique, l'aviron de mer, l'aviron de loisir,
l'aviron en entreprise, sans oublier la conservation de son
patrimoine. De nouvelles perspectives de développement
apparaissent grâce à la professionnalisation de l'encadrement
qui permet aux clubs de s'ouvrir à une plus grande masse de
pratiquants. L'esprit d'équipe et un amateurisme authentique
attirent des partenaires de qualité : la MAIF et EDF se
reconnaissent dans la culture et les valeurs fondamentales de
notre discipline.
Ces décennies d'efforts et d'ouverture expliquent, en partie,
les succès actuels, sur le plan sportif mais aussi sur
l'évolution du nombre de licenciés : 65 000 répartis dans 384
clubs en 2004.
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Les clubs d'aviron du nord pas de
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