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En 1928, l’édifice
étant placé dans la servitude militaire, la commune
sollicite l’autorisation de le restaurer… en supprimant la
toiture en poivrière, les ailes et le gouvernail, pour
couvrir la tour d’une dalle de béton ou de zinc.
Autorisation accordée, mais les travaux ne furent jamais
réalisés à part l’enlèvement des ailes, dont le crissement
sous l’action du vent empêchait un voisin de dormir !…
En 1968, lorsque j’ai
dessiné le moulin pour illustrer l’ouvrage « Nos moulins,
Flandres-Hainaut-Cambrésis », le gouvernail subsistait
seul, appuyé contre la tour envahie par le lierre. La
parution du livre en 1971-72 a suscité des articles dans
la presse en faveur des moulins, mais rien n’a bougé à
Maubeuge. En 1976, le directeur du Centre culturel a bien
essayé d’entreprendre une action pour le sauver restée
sans lendemain.
1993 sera l’année
décisive qui verra le sauvetage du moulin. Un projet
important de construction d’un immeuble qui sera occupé en
partie par le Conseil Général pour les services de la DASS
et d’appartements se concrétise de plus en plus, et la
ville sollicite auprès du Préfet l’autorisation de
démonter le moulin. Aussitôt, un groupe de personnes se
mobilise autour de Didier Vasseur et crée l’Association de
sauvegarde du moulin Tablette. L’ARAM est sollicitée pour
faire part de son expérience. L’Association est créée en
juillet. En août le permis de démolition est refusé par le
Préfet, une demande de l’Association appuyée par
l’architecte des Bâtiments de France. Un premier contact
de l’Association a lieu en septembre avec la mairie, puis
en novembre et les mois suivants toute une série de
démarches font progresser les choses.
Les plans de
reconstruction sont exécutés par l’ARAM en 1994, les
premiers travaux sont entrepris la même année, en
collaboration avec l’Association Accueil et Promotion et
la ville de Maubeuge, puis en 1995 avec la Fédération
Compagnonique des Métiers du Bâtiment. La tour est
démontée jusqu’à hauteur du premier étage, l’ossature en
bois est refaite et installée le 10 juin 1995. Dans le
même temps la construction de l’immeuble, qui a été reculé
de quelques mètres, mais pas suffisamment, se poursuit.
En 1996, la tour est
reconstruite. La toiture est réalisée par les Compagnons,
à Jeumont, en 1998-99 ainsi que l’arbre-moteur en azobé
avec tête à l’ancienne. Le 13 avril 1999 la calotte
tournante et la queue sont installées. Les meules,
provenant du stock de l’ARAM, sont également placées dans
le moulin. Les ailes fabriquées à Cerfontaine, à quelques
kilomètres de Maubeuge, métallisées à Seclin, lattées par
les charpentiers Peel sont installées le 16 juin. La
finition et mise en route des ailes et de la meule se fera
en 2000, qui verra donc l’achèvement d’une longue épopée.
L’inauguration a lieu le 15 septembre 2000.
Caractéristiques
techniques
Tour de forme
tronconique en brique, dont la curiosité réside dans son
ossature octogonale en bois englobée dans la maçonnerie.
Seul exemple connu à ce jour. La charpente est apparente
intérieurement. Les dimensions de la tour sont assez
restreintes : hauteur : 8,54 m, diamètre extérieur à la
base : 6,15 m et au sommet : 4,04 m.
Toiture refaite à
l’identique grâce aux nombreuses cartes postales le
représentant. Seule la queue a dû être modifiée à cause du
bâtiment voisin. Ailes en fer de 19,20 m d’envergure. Une
paire de meules. |