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Le moulin du Pont de Guemps a été construit vers 1842 par
Hubert Hyppolite Deldrève, brasseur de son état, et la
maison un peu plus tard, en 1853. Vers 1882, un bâtiment
abritant une machine à vapeur est construit près du
moulin. Il a aujourd'hui disparu mais on aperçoit encore,
à la base du moulin, la transmission du mouvement. De
nombreuses inscriptions figurent sur des poutres à
l'intérieur, dont : " ROOS EUGENE, CHARPENTIER DE MOULIN,
BOURBOURG 1910 " et " F. BOIN LE 26 FEVRIER 1866 ". Ce
dernier était le cache-mannée du moulin où il avait débuté
précisément à cette date. Le discours funèbre prononcé par
Emile Bollart, le 10 mars 1917, qui relate sa vie, cite :
" il y passa plus de quarante et un ans, il y usa trois
patrons quand il dut quitter le quatrième après treize
années et demi de bons et loyaux services ".
Trois générations de Bollart vont se succéder à la
direction du moulin et le dernier, Jules, cessera son
activité vers 1950. Le moulin avait pourtant reçu un
nouvel entrebut et un nouveau joug en 1947, installés par
Eugène Roos et Omer Vandenbussche. Quand en 1977, Gérard
Courbot, petit neveu du meunier, hérite du moulin,
certains pensaient que ce serait un cadeau empoisonné !
Car il était alors à l'état de ruine. Mais c'était sans
compter sur la farouche volonté de son nouveau
propriétaire, poussée jusqu'à l'obstination, quand il
entreprend une action ! Il n'est pas possible dans le
cadre de cet article de relater les péripéties de la
résurrection de ce beau moulin. Seules les grandes étapes
seront mentionnées. Une charpente provisoire est dressée
par les Compagnons du Devoir, et recouverte de tôle par M.
Courbot en 1977. Les plans sont établis par l'ARAM, qui
réussit à déloquer quelques subventions du Ministère de
l'Environnement (F.I.Q.V.) et de la Région. Crédits qui
seront destinés à payer les matériaux : bois ciment, fer.
La tour, une belle maçonnerie de briques jaunes avec des
soubassements et des encadrements de porte en marbre de
Marquise, est complètement révisée, repiquée et
rejointoyée par son propriétaire, artisan maçon de son
métier. En 1982, l'arbre-moteur, un superbe orme offert
par l'ARAM, est débité et remplacera l'ancien, trop vieux.
La toiture est assemblée au sol, avec une enrayure en fer
et le reste en chêne. En juillet-août 1983, elle est
couverte en bardeaux de châtaigner par une équipe de
Compagnons du Devoir bénévoles. Fin 1982, le rouet et la
lanterne sont fabriqués par M. Huart de
Saint-Martin-au-Laert, en échange d'un travail de
maçonnerie réalisé à son moulin par M. Courbot. De la même
façon, les ailes sont fabriquées sur place, avec l'aide
d'un soudeur professionnel, en 1985. Le 8 août 1987 est
une grande journée, avec la mise en place d'une nouvelle
paire de meules, offertes par M. Leleu de Blendecques, de
la lanterne et de la calotte tournante. Le moulin a déjà
fière allure et les pessimistes du début sont abasourdis
lorsque les ailes sont installées les 25 et 26 septembre
suivants, toujours par son propriétaire, avec l'aide de
quelques amis aussi mordus que lui. Le travail se poursuit
par la révision complète du mécanisme intérieur. Et en
avril 1990, M. Courbot peut enfin réaliser fièrement sa
première production de farine |