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Auparavant, d’après le cartulaire de 1466, le moulin
appartenait à l’abbaye de Liessies, le meunier étant à
cette date Jehan Boucqueau. Le dernier contrat, avant la
Révolution est signé le 25 juin 1785.
Le
preneur est Pierre François Charon demeurant à Froy
Chapelle (Belgique), qui en deviendra le propriétaire lors
de la vente des Biens Nationaux, en même temps que le
moulin du Rayt situé en amont et qui fut érigé en 1770.
L’adjudication s’est déroulée le 18 mai 1791.
Vers
1834, il appartient à la veuve Langlois, puis vers 1848 à
la veuve Dubois dont les enfants Jules et Victor sont
brasseurs. Ils utiliseront le bief du moulin, et au moyen
d’une buse enterrée, amèneront l’eau à la turbine de la
brasserie située de l’autre côté de la place, et dont les
beaux bâtiments existent encore. Après l’arrêt du moulin
avant 1900, il sera converti en habitation et écurie pour
la brasserie, puis en simple habitation.
Le 15
mars 1975, pour la fête de Saint-Joseph, patron des
charpentiers, menuisiers et boisseliers, était inaugurée à
Felleries une remarquable exposition sur le thème « les
Bois d’hier et d’aujourd’hui ». L’expression « Bois
Jolis », appliquée depuis le siècle dernier à l’industrie
du bois, spécialité de Felleries, recouvre un ensemble de
fabrications qui ont représenté pendant des siècles une
part essentielle de l’activité de ce village, autrefois
cerné de forêts. Le succès fut tel (4 500 visiteurs en
deux semaines) qu’elle entraîna la création de
l’Association des Amis de Felleries et des Bois Jolis qui,
profitant d’une occasion exceptionnelle, s’engagea dans
l’achat du moulin pour le transformer en musée de la
boissellerie. Dirigé par un homme énergique, Jean-Jacques
Defroidmont, hélas décédé le 8 mars 1993, l’association
sollicite l’aide de l’ARAM pour redonner à l’édifice son
aspect d’antan.
C’est
l’occasion unique de réhabiliter un moulin à deux
tournants, c’est à dire à deux meules dont chacune est
actionnée par une roue. Dès 1976, une roue est
reconstituée, et en 1982, la seconde, avec la
participation de nombreux bénévoles, habitants du village,
des établissements scolaires de Maubeuge, Tourcoing et
Lens et d’entreprises. Les dossiers de subvention sont
établis par l’ARAM qui obtient des aides substantielles
des ministères de la Jeunesse et des Sports et de
l’Environnement, du Conseil Général du Nord et du Conseil
Régional. Grâce à l’ensemble de ces partenaires, les deux
roues en dessous de trois mètres de diamètre sont de
nouveau animées par la Belleuse. De simple village
inconnu, Felleries est devenu un centre touristique très
actif et renommé.
Mais
l’usure du temps et l’effet de l’eau font se dégrader peu
à peu les roues en chêne. Et dès la fin du XXe
siècle, il faut songer à les remplacer. Il est décidé de
les refaire en fer. Les plans sont établis par l’ARAM en
2000. Le temps de trouver les subventions, c’est en 2003
qu’elles sont fabriquées par l’entreprise Solespam à
Saint-Amand-les-Eaux. Elles sont mises en place la même
année, ainsi qu’une paire de meules à farine en complet
état de marche. C’est un moulin complètement renouvelé qui
est maintenant en service. |