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Il
reconstruit le moulin, qui fut agrandi en 1634 sous le
règne de dom Simon Bosquier, et reçut son troisième
tournant en 1770 à l’époque de Maurice d’Offergnies.
La
Révolution fit des ravages à Maroilles : l’abbaye fut très
rapidement saccagée, puis détruite.Le moulin fut acheté
plusieurs fois et finalement adjugé à Pierre-François
Boucher, le 23 janvier 1792, alors qu’Alexandre Boucher
avait acquis en 1791 les étables et les jardins qui
l’entouraient, ainsi que quelques pâtures.
Lorsqu’il est réglementé le 25 février 1838, le moulin a
encore ses trois roues. Le 9 août 1865, comme tous les
moulins des deux Helpes, il est de nouveau réglementé.
Le
vendredi 27 septembre 1889, vers trois heures et demie du
matin, un incendie épouvantable, attisé par un vent
violent, le détruit en quelques instants. La petite maison
attenante en réchappe cependant, avec le mobilier, des
objets de valeur et des papiers. Le meunier, Severs, perd
tout. Deux mois auparavant, le 16 juillet, s’était produit
un affreux accident : un garçon de 11 ans, tombé
accidentellement dans la roue, avait été broyé.
Le
moulin ne fera plus de farine, il devient la propriété de
la tannerie qui a également échappé de justesse à
l’incendie. La Société Anonyme des Tanneries et
Corroieries Maillard et fils le transforme en usine
électrique. Le 25 mai 1899, elle sollicite auprès de la
préfecture l’autorisation de remplacer la roue par une
turbine. Le 30 septembre 1907, un traité de gré à gré est
conclu entre la mairie et Evence Maillard, directeur, pour
la fourniture de lumière électrique au village.
Après
la guerre, le bâtiment sera converti en appartements, puis
un restaurateur l’achète pour en faire un restaurant, qui
sera incendié le 24 mars 1986 et une deuxième fois, le 3
janvier 1987. Le 8 mai 1988, il est en vente aux enchères
et le 3 juin, acheté par M. et Mme Liénard-Cavrois.
Ce
sont eux qui vont le sauver après tant d’années d’abandon
et de décrépitude. Inscrit à l’Inventaire Supplémentaire
des Monuments Historiques le 16 mars 1977 et faisant
partie des Sites, inscrit le 15 septembre de la même
année, des subventions sont accordées par l’Etat,
auxquelles s’ajoutent celles du Conseil Général et du
Conseil Régional. Mais c’est quand même l’apport personnel
des propriétaires qui peut permettre d’entamer une
rénovation très profonde : injection de ciment spécial
dans les fondations au pied de l’eau, reprise des
maçonneries, reconstruction de la charpente et d’une
couverture en ardoises naturelles, pose de nouvelles
fenêtres, etc.
La
turbine est remise en marche et produit le courant
nécessaire au chauffage du bâtiment. En 1995, le rêve des
propriétaires de fabriquer une roue telle qu’elle l’était
sous l’ancien régime, va se réaliser. Une fois les plans
dessinés par Jean Bruggeman, la roue est fabriquée dans
l’atelier de l’ARAM avec l’aide de deux artisans belges,
M. De Cartier et M. Depret, et un charpentier flamand, M.
Vanleene. Elle est montée les 27 et 28 novembre avec
l’aide de Jacques Liénard et tourne pour la première fois
le soir même sous les projecteurs. |