|
Dans
son édition du 14 mars 1897, le journal l’Observateur
d’Avesnes donne la publication de la création d’une
nouvelle société enregistrée à Avesnes le 9 mars sous le
nom de Société Anonyme de Laiterie l’Union de Grand Fayt,
dont le siège se trouve au moulin. Elle avait pour but la
création et l’exploitation d’une laiterie. Par une annonce
du 6 mars 1898, la société cherche « un directeur de
laiterie au courant de la comptabilité » et « un meunier
ayant déjà servi dans un moulin ». Annonce répétée 13
fois, mais le 5 mai, le meunier n’est pas encore trouvé !
Enfin le 16 octobre, une nouvelle annonce informe les
cultivateurs que la laiterie se tient à leur disposition
pour tout genre de mouture, etc, annonce répétée 25 fois !
En
1900, une turbine remplace les roues. Elle actionne des
écrémeuses, des meules à farine et à mouture, et produit
de l’électricité. On y fabrique des maroilles. En 1962,
c’est la cessation des activités et en 1967, une partie du
bâtiment, déjà vidé de son matériel, s’écroule. Le moulin
menace de tomber en ruine.
Il
sera cependant sauvé : un horloger-bijoutier
d’Aulnoye-Aymeries, amoureux des vieilles pierres, est
séduit par l’édifice et son superbe site. Il l’achète en
1970, et aussitôt entame les travaux de déblaiement et de
restauration. Jacques Contesse et son épouse, aidés de
leurs parents et de tous leurs amis, vont consacrer tous
leurs loisirs à cette tâche gigantesque, et redonner vie
au moulin.
Dans
une première étape, la restauration de la maison
d’habitation est achevée en 1982. Puis c’est au tour du
moulin : toutes les vannes et les murs de rives, en pierre
de taille, sont refaits, notamment un mur de 25 m de long,
épais de 1,50 m et haut de 2,50 m est complètement démonté
et reconstruit. Le déversoir et bien d’autres parties du
moulin doivent subir des opérations similaires. La rivière
est désenvasée, de même que le débouché de la turbine,
dont la vase a été enlevée à la pelle durant huit jours
d’affilée par M.Contesse, seul, en septembre 1984. La
turbine est débloquée, toutes les pièces sont examinées et
une partie refaite par un collège technique. Pour cette
opération, M. Contesse s’est transformé en scaphandrier.
En 1985 et les années suivantes, c’est le bâtiment
lui-même qui est remis en état.
En
1988, l’ARAM décide d’inclure le moulin dans son programme
régional et obtient une subvention de la Région. Elle
permettra de rénover le mur de la façade principale, qui
était enlaidi par un renfort de deux poutrelles en fer, et
dont l’une des grosses poutres du plancher du 1e
étage menaçait de s’effondrer. Grâce encore au travail
personnel de ses propriétaires, le coût est diminué de
moitié et le reste a servi à remettre de nouvelles
boiseries à six fenêtres et deux portes.
Mais
M. Contesse hésite entre la turbine et la remise en place
d’une roue. Les travaux au coursier permettent de
retrouver l’emplacement de l’ancienne roue qui a précédé
la turbine et succédé aux deux roues primitives. En 1996,
il a l’occasion de récupérer une magnifique roue de type
Poncelet qui correspond exactement aux dimensions du
coursier. Avec l’aide d’Eric Vanleene, elle est démontée
puis installée en 1998. C’est une superbe réalisation qui
est inaugurée le 15 mai 1999. Mais 33 ans après son
acquisition, les travaux se poursuivent… |