Le
Cœur de Flandre, fier de son histoire, respectueux de ses
traditions, est tout simplement une terre de caractère.
Pour preuve cette « Cordillère des Flandres » qui, du haut de
ces cinq monts, vient contredire cette idée reçue d’un
territoire totalement plat. Un sentiment de grandeur partagé
par les moulins dont certains, encore en activité, produisent
toujours de la farine et par les géants ces héros légendaires.
Authentiques certes, mais tout aussi sympathiques, tels sont
les Flamands qui vous accueillent à bras ouverts dans l’un de
leurs nombreux estaminets, ces cafés traditionnels où l’on
vient déguster une bonne carbonade et jouer une partie de «
marteau » ou de « billard Nicolas », ces jeux flamands
d’antan.
Région
historique s'étendant de l'Artois aux bouches de l'Escaut.
Elle couvre une partie du département du Nord, en France, les
provinces de Flandre-Orientale et de Flandre-Occidentale, en
Belgique, et le sud de la province de Zélande, aux Pays-Bas.
Si la Flandre, région géographique aux limites imprécises,
correspond plus ou moins à l'ancien comté de Flandre, elle ne
peut être confondue avec la Région flamande, région
administrative de la Belgique qui existe depuis 1980 et qui
comprend les provinces de Flandre-Occidentale, de
Flandre-Orientale, du Brabant flamand, d'Anvers et de
Limbourg.
Le cadre naturel
La Flandre est une vaste plaine qui s'élève doucement vers
l'intérieur des terres et que dominent quelques buttes
sableuses (mont Cassel, mont des Cats). Densément peuplée
depuis le Moyen Âge, elle porte l'empreinte d'une urbanisation
et d'une industrialisation précoce (Lille, Gand, Bruges).
L'agriculture, intensive, se consacre surtout aux cultures
céréalières, maraîchères et industrielles (lin, houblon) et à
l'élevage bovin.
Histoire
Habitée depuis le Ve siècle av. J.-C. par les peuples gaulois
des Atrébates (Artois), des Ménapiens (bassin de l'Escaut) et
des Morins (bassin de l'Yser), la Flandre est conquise par
César (58-51 av. J.-C.). Sous le règne d'Auguste, elle est
englobée dans la province romaine de la Gaule Belgique et
connaît une grande prospérité grâce au trafic maritime entre
la Bretagne (britannique) et la Germanie inférieure.
L'occupation de la région par la tribu des Francs Saliens
(vers 430) aboutit à la substitution des parlers romains par
un dialecte germanique qui donnera naissance aux dialectes
flamands. Évangélisée au VIIe siècle, la Flandre continue de
profiter des relations commerciales avec l'Angleterre
jusqu'aux invasions normandes du IXe siècle.
La constitution du comté de Flandre
Rattachée au royaume de Francia occidentalis par le traité de
Meerssen (870), la Flandre est érigée par Charles le Chauve en
comté pour son gendre Baudouin Ier Bras-de-Fer (862/879). Sous
les règnes de Baudouin IV le Barbu (988/1035) et Baudouin V
(1035/1067), le comté de Flandre s'étend vers l'est et vers
les bouches de l'Escaut, si bien que les comtes deviennent à
la fois les vassaux du roi de France et de l'empereur.
À partir du XIIe siècle, l'essor de l'industrie drapière et du
commerce avec l'Angleterre et l'Espagne, qui fournissent la
laine, favorise le développement des villes (Gand, Bruges,
Ypres, Arras, Douai) et la constitution de puissantes
oligarchies urbaines, qui se heurtent au pouvoir comtal.
L'apogée de la Flandre médiévale
La Flandre connaît alors une grande prospérité et joue un rôle
international important : le comte Baudouin IX (1194/1205) est
même choisi par les croisés pour régner sur l'Empire latin
d'Orient (1204). Le comte Ferrand de Portugal (1205/1233), qui
s'allie au roi d'Angleterre Jean sans Terre et à l'empereur
Otton IV contre le roi de France Philippe Auguste, est
emprisonné après la bataille de Bouvines (1214) et doit
promettre de faire raser les remparts de Valenciennes,
d'Ypres, d'Audenarde et de Cassel. Au cours du XIIIe siècle,
la rivalité s'accroît entre les riches marchands, favorables
au roi de France, et le petit peuple des villes, fidèle au
comte de Flandre. L'occupation de la Flandre par Philippe le
Bel, en 1297, finit par soulever la population contre
l'envahisseur : après le massacre de la garnison française de
Bruges, lors des Matines de Bruges (17 mai 1302), les milices
flamandes mettent en déroute la chevalerie française à
Courtrai, lors de la bataille des Éperons d'or (11 juillet
1302). Au début de la guerre de Cent Ans, la décision du comte
Louis de Nevers de rester fidèle au roi de France, au risque
de paralyser l'activité commerciale avec l'Angleterre,
entraîne la révolte de Gand et la constitution d'une
république flamande (1337-1345) sous la direction de Jacob Van
Artevelde. Après le meurtre de celui-ci (1345), l'autorité
comtale est rétablie par Louis de Male (1346-1384), fils de
Louis de Nevers.
La Flandre bourguignonne et espagnole
Après le mariage de Marguerite de Male, la fille du comte,
avec Philippe le Hardi (1369), le comté de Flandre passe à la
puissante maison de Bourgogne à la mort de Louis de Male
(1384). Intégrée aux États des ducs de Bourgogne, la Flandre
perd progressivement son rôle politique, et ses villes, malgré
leur prospérité, doivent laisser le premier rang à Bruxelles,
où réside le duc. À la fin du XVe siècle, Bruges, victime de
l'ensablement du Zwin, est peu à peu éclipsée par Anvers.
Entré dans les domaines des Habsbourg par le mariage de Marie
de Bourgogne et de l'archiduc d'Autriche Maximilien, en 1477,
le comté de Flandre partagera désormais le sort des Pays-Bas
espagnols
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Hazebrouck
Merville
Steenwerck
Bailleul
Cassel
Watten
Wormhout
"J'aime tes carillons dans tes cités
antiques. Ô vieux pays, gardien de tes moeurs domestiques. Noble
Flandre..." Ces quelques vers de Victor Hugo sembleraient
confirmer que le plat pays est propice à l'inspiration des
grands auteurs, jusqu'à Marguerite Yourcenar ou Jacques Brel.
Terre de géants et de moulins, chaque mont y est un lieu
quasiment sacré. Géographiquement, on a souvent l'habitude
d'opposer la Flandre intérieure, et ses argiles tertiaires
recouvertes par des limons quaternaires, à la Flandre maritime,
conquise sur les lagunes, et bordée de dunes impressionnantes.
En réalité, l'unité culturelle est bien réelle. On parle aussi
bien flamand dans les villages de la côte que vers les monts.
Les moulins jalonnent les champs de Gravelines à Boeschèpe. Les
églises en forme de salle immense, dites hallekerques,
subsistent dans tout l'arrondissement.
La région est souvent réduite à Dunkerque, elle-même symbolisée
par son carnaval. Il est vrai que, depuis Bruegel, les Flamands
aiment toujours autant la fête et que cet événement est préparé
longtemps à l'avance. Mais, comme le Pays basque ou l'Alsace,
l'ensemble de ce pays frontalier utilise ses particularismes
pour dépayser totalement les autres Français.
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