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Funk
Genre musical né aux États-Unis dans les années 1970. Courant dérivé de la soul, le funk, caractérisé par un tempo très rapide et des rythmes syncopés, est devenu la musique noire américaine par excellence grâce au génie de ses pères fondateurs, James Brown, George Clinton et Sly And The Family Stone.

Une musique syncopée

Apparu au début des années 1970 dans les rues de New York, le funk est un courant fondamental de la musique noire dont les caractéristiques rythmiques remontent aux années 1960. Dérivé de la soul et du rhythm’n’blues, il se distingue de ces deux genres musicaux par un travail original sur les rythmes et les voix, et par un contexte idéologique radicalement différent : là où la soul vivait d’un idéal d’intégration de la communauté noire (lié à la figure de Martin Luther King et aux mouvements pour les droits civiques), le funk choisit de radicaliser toujours plus les différences existant dans la société américaine entre Noirs et Blancs.

Musicalement, il met en avant une rythmique (symbolisée par le dialogue basse/batterie) qui exploite les possibilités de la syncope et de la basse slappée (le slap est une technique de jeu qui fait claquer les cordes contre le manche pour obtenir un effet de percussion). Le funk se caractérise également par les riffs de cuivres et de guitare rythmique et par une partition vocale qui entremêle le parlé et le chanté.

Le mot ‹ funk › est en usage dans la musique noire depuis le début du siècle, comme en témoigne le répertoire de la chanteuse de blues, Bessie Smith. Dans l’argot afro-américain, ‹ funky › désigne ce qui connote une vie douteuse et les mauvaises odeurs, comme les odeurs de transpiration nées de la danse. Pour les musiciens, ‹ jouer funky › signifie jouer avec un son volontairement sale et chargé de scories. En jazz, le courant hard bop, illustré notamment par Art Blakey et Horace Silver, a revendiqué le titre de jazz funky en réaction à la sophistication du jazz cool.

Depuis James Brown jusqu’au rap

Dyke And The Blazzers baptise officiellement le genre avec son ‹ Funky Broadway ›, repris par Wilson Pickett. En réalité, le funk doit presque tout à la musique de James Brown et à la quête des racines africaines du ‹ Soul Brother n°1 › (l’un de ses surnoms). En témoigne l’efficacité rythmique de ‹ Say It Loud, I’m Black, I’m Proud ›, chanson annonciatrice des grands classiques funk des années 1970 comme ‹ Sex Machine ›, ‹ Hot Pants › et ‹ Superbad ›. Ce travail est systématisé et approfondi par les musiciens funk, tel que le groupe Sly and The Family Stone. Situé au carrefour de la soul et du rock, il contribue directement à la mise en forme du funk avec ses rythmes fouillés, ses références à l’Afrique et ses tenues extravagantes qui font dévier le cours de la musique noire.

Autre pionnier du genre, George Clinton ancre cette musique dans une certaine outrance sonore et visuelle. Avec ses groupes Parliament et Funkadelic (dont les musiciens, comme le bassiste Bootsy Collins, viennent de l’entourage de James Brown), il donne des concerts en forme de jam sessions interminables (joutes amicales entre musiciens) dans les accoutrements les plus délirants.

Avec le développement de la technologie (synthétiseur et boîtes à rythmes) à la fin des années 1970, le funk gagne en sophistication. C’est l’époque du triomphe de Stevie Wonder, des Jackson Five et de Michael Jackson (qui marie funk et hard-rock sur ‹ Beat It ›), de Earth Wind And Fire, de Chic (abusivement rattaché à la vague disco), de Cameo ou de Zapp. Dilué dans la pop et la variété des années 1980, le funk constitue souvent l’alibi rythmique qui permet aux musiciens blancs de triompher sur les pistes de danse : Duran Duran, Wham (et son chanteur George Michael) ou même le groupe de rock INXS injectent des rythmes syncopés dans leurs répertoire. Seul Talking Heads, dès la fin des années 1970, effectue un réel travail formel sur le funk. C’est le cas également du seul authentique disciple de George Clinton, Prince, qui parvient à fondre dans une forme profondément originale l’ensemble des courants de la musique noire. La fusion (du rock, voire du hardcore, et du funk) est une autre démarche exemplaire, illustrée par les groupes précurseurs Bad Brains et Living Colours (des groupes noirs) et adoptée avec succès par les Red Hot Chili Peppers (un groupe blanc).

De son côté, le rap revendique ouvertement une filiation avec le funk en pratiquant d’innombrables citations des classiques de James Brown.



 
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