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Edition
n. f. Ensemble des pratiques et des techniques qui permettent
la publication et la diffusion de textes ou d'images sous la
forme de livres ou sur un support électronique.
L'édition recouvre donc une chaîne de métiers dans laquelle le
rôle de l'éditeur, proche de la création intellectuelle ou
artistique, est associé à des processus industriels et
commerciaux tels que l'imprimerie et la distribution.
Dans un sens plus large, qui ne sera pas développé ici, le
terme édition s'emploie aussi pour d'autres domaines de
production tels que les disques, les objets d'art ou encore le
mobilier.
La diversité de la production
Dans l'ensemble de la production éditoriale, la littérature
est le secteur qui occupe le devant de la scène : création
intellectuelle, écrivains de renom, prix littéraires et
médiatisation contribuent à expliquer cet état de fait.
Cependant, cette situation ne doit pas faire oublier la
richesse de la création et la part tenue par les autres
catégories d'ouvrages dans l'économie de la profession et dans
la vie culturelle. Encyclopédies et dictionnaires, manuels
scolaires, ouvrages scientifiques, techniques et
professionnels, sciences humaines, livres d'art ou pour la
jeunesse, bandes dessinées et livres pratiques rendent plus
largement compte de l'activité éditoriale multiforme des
quelque 500 maisons qui constituent le paysage éditorial
français (environ 750 si l'on élargit le recensement à
l'ensemble de la francophonie).
Des maisons spécialisées
Les réalités de cette profession sont très diverses : pour ne
prendre qu'un exemple, on soulignera l'écart considérable
entre la catégorie " Dictionnaires et encyclopédies " (peu de
titres et de nouveautés produits, mais avec un tirage moyen
élevé) et celle des ouvrages scientifiques ou de sciences
humaines (nombre de titres et de nouveautés élevé, mais avec
un faible tirage). Cette situation contribue à expliquer la
composition du paysage éditorial : la difficulté pour un même
éditeur de maîtriser des données économiques et des techniques
commerciales très divergentes d'un secteur de production à un
autre a conduit la plupart des maisons à se spécialiser. Si
l'édition littéraire ou de sciences humaines mobilise
relativement peu de moyens financiers et reste à la portée de
petites structures, la plupart des autres domaines appellent
en revanche des investissements lourds ainsi que des
techniques et un savoir-faire promotionnel qui ne peuvent
s'envisager à petite échelle. La concurrence très vive entre
éditeurs et le contexte économique défavorable contribuent par
ailleurs à renforcer ce phénomène de spécialisation.
Des groupes généralistes
Parallèlement à cette tendance, et illustrant le besoin
croissant des éditeurs de pouvoir disposer d'appuis
économiques et logistiques importants, la profession se
caractérise aussi par une forte concentration, principalement
autour de CEP Communication, branche édition, connu sous le
nom de Groupe de la Cité (Larousse, Nathan, Bordas, Le Robert,
Laffont, Plon, Julliard, Belfond...), et du groupe Hachette
(Grasset, Fayard, Stock, Calmann-Lévy, Lattès, Hatier, Le
Livre de poche...) qui contrôlent environ les deux tiers de la
profession et sont présents dans toutes les catégories
d'ouvrages, alors que les groupes de moindre taille
(Gallimard, Flammarion, Le Seuil, Albin Michel...), consacrent
l'essentiel de leur activité à la littérature.
La chaîne économique des produits d'édition
La production éditoriale est le fruit d'une chaîne complexe de
métiers ou de fonctions. L'auteur y occupe une place centrale
en fournissant le travail intellectuel auquel la succession
des interventions va donner une forme matérielle.
L'œuvre prise dans son état initial s'enrichit en effet d'un
ensemble de savoir-faire :
la mise au point du contenu même exige l'intervention de
correcteurs et, selon les cas, de conseillers scientifiques ou
pédagogiques. Sur le plan visuel, et dans le domaine des
livres illustrés, iconographes, photographes et illustrateurs
tiennent une place essentielle dans la recherche et la
création d'images. Graphistes et maquettistes définissent les
modes de présentation des textes et des documents (choix des
caractères typographiques, relation entre l'écrit et l'image,
architecture globale de l'ouvrage, couverture) ;
une fois ces opérations menées à bien, la reproduction de
l'œuvre notamment fait appel à la compétence du photograveur
et du photocompositeur pour le traitement des éléments visuels
et des textes, et à celle de l'imprimeur pour la production
des films nécessaires.
En aval de la production, les services de publicité et les
attachés de presse prennent en charge la promotion des
publications auprès des médias et des points de vente. Puis
les équipes de représentants assurent auprès des détaillants
les prises de commandes, que le distributeur se charge enfin
de préparer et d'acheminer. La vente par correspondance
(Sélection du Reader's Digest, Atlas, entre autres), le
courtage et les clubs de livres (France Loisirs, Le Grand
Livre du mois) tiennent aussi une place importante dans les
circuits de commercialisation.
Les fonctions de l'éditeur
Le rôle de l'éditeur tient en partie sa consistance de cette
succession de fonctions et de métiers qui l'entourent et qu'il
a pour tâche de coordonner. Dans l'histoire du livre, le "
métier " d'éditeur est très longtemps resté amalgamé au rôle
du libraire puis à partir du XVe siècle, depuis l'invention de
l'imprimerie par Gutenberg, à celui de l'imprimeur dont
l'importance s'accroît. Si Diderot, confronté aux difficultés
de son Encyclopédie,évoque déjà dans sa Lettre sur le commerce
de la librairie (1763) les particularités et difficultés de la
fonction éditoriale, c'est surtout à partir de la Révolution
industrielle (XIXe s.) que l'évolution des techniques, le
développement de la production et le poids croissant des
enjeux financiers lui ont donné son identité propre. Au fil du
XIXe siècle, soutenues par d'importants progrès techniques
dans les domaines de l'imprimerie, de la production de papier
et de la reliure, sont nées de grandes maisons d'édition dont
les noms occupent encore de nos jours une place majeure dans
le paysage éditorial : Flammarion, Hachette, Plon, Larousse...
Choisir et concevoir
Souvent comparé de nos jours à un chef d'orchestre, l'éditeur
définit les choix de la maison ou du département qu'il dirige.
Son " coup de foudre " tant attendu pour le manuscrit de génie
repéré parmi d'innombrables propositions spontanées entretient
une image mythique de la profession. Pourtant, en raison de sa
connaissance des publics, de l'image de marque de sa maison,
des réseaux de diffusion dont il dispose, l'éditeur est très
souvent conduit à prendre lui-même l'initiative de projets
pour lesquels il passe alors commande à un ou des auteurs.
D'une maison d'édition à l'autre se pose ainsi la question de
l'arbitrage entre une stratégie lente d'élaboration d'un fonds
qui survivra aux modes passagères et celle, plus rapide, qui
recherche des " coups " sensationnels susceptibles de générer
de fortes ventes, mais sans espoir de lendemain.
Quelle que soit la manière dont elle est exercée, la fonction
éditoriale est avant tout associée à la notion de risque :
dans le domaine de la littérature, on estime que de 60 à 70 %
des romans publiés chaque année se vendent à un nombre
d'exemplaires qui ne permet pas d'assurer leur équilibre
financier, tandis qu'entre 20 et 30 % parviennent à couvrir
les investissements qu'ils ont nécessités et que seulement 10
% présentent des résultats positifs, un seul titre pouvant
parfois sauver à lui seul le bilan d'une année d'activité.
Maîtriser les techniques et gérer les budgets
Maître d'œuvre des contenus, l'éditeur est aussi responsable
de la forme des ouvrages et de la rentabilité de sa production
: choix des papiers et des formats, des techniques
d'impression, de reliure ou de brochage, des caractères
utilisés, des principes de mise en page... toute
l'architecture du livre relève finalement de sa compétence, et
plus encore de sa capacité à savoir utiliser celles des
spécialistes de chacun de ces domaines en leur faisant
comprendre et partager ses choix esthétiques, techniques et
économiques. La maîtrise des coûts de chacun des ouvrages, la
conception d'actions promotionnelles et leur mise en œuvre
s'ajoutent, dans la description des fonctions de l'éditeur, à
la force de conviction et à l'enthousiasme dont il doit faire
preuve pour défendre sa production auprès des équipes
commerciales.
Les mutations en cours et les enjeux
Le marché du livre est désormais considéré comme un marché "
mûr ". S'il a connu de grandes phases d'expansion liées aux
périodes de croissance démographique et de plein-emploi, il
subit désormais la crise économique et le contrecoup du
développement des nouveaux médias.
Dans ce contexte où l'accès au marché est devenu plus
difficile et où l'abondance et le rythme de la production
laissent peu de temps à chaque titre pour se vendre, les
stratégies se portent sur les techniques de production visant
à réduire les prix de revient et à permettre la déclinaison de
plusieurs ouvrages à partir d'un seul.
L'édition de poche entre dans cette logique, en proposant dans
une forme bon marché des rééditions et aussi des textes en
première parution ; elle représente 11 % du chiffre d'affaires
de la profession et un tiers du nombre d'exemplaires vendus.
Le phénomène du " livre à 10 F " apparu en 1993 est parfois vu
comme la suite logique de l'édition de poche, même s'il remet
beaucoup plus profondément en cause les équilibres économiques
de la profession et la dimension créative de la fonction
éditoriale.
La multiplication des coéditions avec des maisons d'édition
étrangères entre elle aussi dans cette logique, en permettant
de produire à moindre coût des livres illustrés ; elle n'est
cependant pas sans incidence sur les contenus des ouvrages,
qui doivent se plier à un ensemble de critères internationaux.
Cependant, la mutation la plus profonde est à peine amorcée :
le multimédia est désormais présent dans l'activité de bon
nombre d'éditeurs, qui y découvrent des métiers appartenant
aux domaines de l'informatique et de l'audiovisuel. L'entrée
dans la sphère éditoriale du multimédia - concernant davantage
l'édition de savoir et de loisirs que celle de littérature -
soulève de nouvelles interrogations sur la place du livre dans
la transmission et le développement des connaissances.
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Les éditeurs du Nord Pas de Calais |
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